Et si mon bébé traversait une phase de régression du sommeil?




L'objectif de cet article est de vous aider à identifier et comprendre les phases de régression du sommeil de votre enfant pour mieux y faire face.


Les nuits et les siestes de votre enfant ne sont plus aussi calmes qu’à l’accoutumée ? Pas de panique ! Il se pourrait que vous soyez tout simplement dans une phase de régression du sommeil.


Qu’est-ce que c’est ?

Une régression du sommeil est une dégradation brutale du sommeil qui se manifeste par des réveils nocturnes assez fréquents, des siestes qui se compliquent voire qui deviennent impossibles ou encore une résistance au moment de l’endormissement, des pleurs le soir au coucher ou au moment de la sieste.


La régression du sommeil est le plus souvent liée à l’acquisition d’une nouvelle compétence, sur le plan psychomoteur (position assise, quatre pattes, marche..) ou cognitif (comme le langage par exemple). Cette étape fait partie du développement cérébral de l’enfant, il ne faut en aucun cas y voir une alerte quelconque. En effet, ces phases de développement mobilisent énormément le cerveau du bébé ou de l’enfant, qui a alors besoin de nombreuses ressources ce qui dégrade parfois la qualité du sommeil.


Ces régressions du sommeil peuvent être décelées grâce à certains signaux et changements comportementaux (hypertonicité, hyperactivité, l’enfant s’excite ou s’agace vite, passe d’un jeu à l’autre beaucoup plus rapidement qu’à son habitude). Nous remarquons également un bébé qui ne lâche pas du tout son parent, qui va réclamer davantage de présence, d’attention, de câlins, sans que cela soit lié à l’étape de l’angoisse de la séparation.

En tant que parents vous êtes en mesure d’identifier ces régressions du sommeil en constatant que les moyens habituels d’endormissement ne fonctionnent plus. Il peut alors arriver qu’un bébé allaité qui avait l’habitude de s’endormir au sein ne le fasse plus, que le bercement au bras, en poussette ou encore en voiture ne fonctionne plus, que l’enfant refuse catégoriquement son lit ou encore que vous notiez un regain ou une perte d’appétit - alimentation et sommeil étant intimement liés.


Quelles sont donc les différentes régressions du sommeil chez le jeune enfant?

Nous identifions 5 régressions fréquentes au fur et à mesure que l'enfant grandit :

- 4 mois : cette phase est liée à un changement hormonal et à un développement émotionnel. D’une part, la structure du sommeil de l’enfant change (passant d’un endormissement en sommeil agité puis sommeil calme à un endormissement en sommeil lent puis sommeil paradoxal) et d’autre part, l’enfant prend conscience du lien d’attachement qui l’unit à ses parents et éprouve des difficultés à se séparer.

- Entre 7 et 9 mois : c’est le début de l’angoisse de la séparation, mais c’est aussi plus d’autonomie dans les déplacements (passage plat dos à plat ventre puis position assise, l’enfant commence à se mouvoir de plus en plus) qui offrent de nouvelles capacités physiques ou encore l’apparition des premières dents.

- 12 mois : certains bébés font leurs premiers pas (nouvelle acquisition à nouveau) mais tous font face à un important développement émotionnel et cognitif.

- 18 mois : c’est l’apogée de l’angoisse de séparation qui représente une grande étape mais c’est aussi le développement de la personnalité et de la parole. Nous observons alors parfois une régression au moment de l’endormissement avec un enfant qui a des difficultés à se séparer.

- 2 / 3 ans : À cette période, l’enfant devient de plus en plus sociable et se construit comme un être à part entière avec sa propre personnalité à travers l’apprentissage de la parole mais aussi la phase du Terrible Two où il comprend qu’il peut dire non, faire ses choix. L’enfant prend conscience de son « pouvoir », prend conscience que, lorsqu’il y a un enjeu, il peut faire réagir ses parents, et ses deux leviers majeurs sont alors bien souvent l’alimentation et le sommeil.



Quelques conseils pour mieux border une régression

Une régression du sommeil dure en moyenne 5 à 10 jours, et, si votre enfant dormait bien avant, tout rentrera dans l’ordre au bout de 15 jours tout au plus. L’important est de ne pas avoir créé de conditionnement, d’être à l’écoute pour essayer de comprendre d’où vient cette régression et d’observer l’enfant.


Un changement d’environnement peut aussi être la cause d’une régression du sommeil, tout comme la santé en cas de maladie ou de poussées dentaires.


La sphère émotionnelle joue également un rôle important. L’adaptation en crèche, le retour chez la nounou sont autant de bouleversements qui peuvent momentanément compliquer un peu les choses, l’enfant revivant la nuit une partie de sa journée tout en faisant du tri dans ses émotions. Celles-ci, qu’elles soient positives ou plus difficiles à digérer, peuvent impacter le sommeil.


La patience est de mise pour identifier l’origine de ces régressions du sommeil et il est surtout très important de ne pas paniquer, ou de se dire que tout est fichu si un travail du sommeil avait été mis en place auparavant. Il vous faut garder à l’esprit que cette phase ne durera pas et tenter de rester au plus près de votre rythme habituel avec des horaires réguliers en ce qui concerne les siestes, le repas du soir et le coucher. Je vous conseille également de conserver vos rituels habituels du coucher, il n’est pas le moment de modifier quoi que ce soit. En effet, l’origine de cette régression n’a rien à voir avec une éventuelle inefficacité du rituel, il faut donc maintenir les points de repères que l’enfant connait afin de le rassurer. Lorsqu’il s’agit d’une nouvelle acquisition, laissez évidemment l’enfant évoluer et pratiquer celle-ci.


J’expliquais plus haut l’importance de ne pas créer de conditionnements. Il est en effet important de ne pas introduire un nouveau biberon la nuit, de ne pas le prendre dans son lit la nuit, etc. : en d’autres termes, nous évitons tout ce qui pourrait faire que l’enfant devienne dépendant de quelque chose ou de quelqu’un pour s’endormir.

Il se peut que vous n’ayez pas le choix ! Et dans ce cas enlevez-vous toute pression : gardez simplement en tête que lorsque la régression aura disparu, il faudra immédiatement travailler au déconditionnement de l’enfant si vous ne souhaitez pas que cette habitude persiste et ne dure trop longtemps.