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L’Education approximative


Pour reprendre la bibliothèque des parents et les cours de mes lectures personnelles, je voulais vous parler de « l’éducation approximative » développée par Agnès Labbé, mère déterminée et pleine d’humour de 4 enfants.

Savoureux mélange entre l’éducation bienveillante et positive et l’éducation plus « réaliste » que l’on peut donner à nos enfants, elle y distille confessions personnelles, étayages et constats sur être parent aujourd’hui en préservant sa santé mentale et physique. Vaste programme mais que nous pourrions tous prendre le temps de regarder et de remettre en question chez nous. Tout comme ce que l’on vit à l’intérieur de soi. Je m’explique.

Dans mon cabinet, j’entends tous les jours des mamans, des parents dépassés par le quotidien, par les injonctions à « ne pas s’énerver », rester calme et patient, à hauteur de l’enfant, sans violence, sans cri… De répondre quoiqu’il arrive aux besoins de leur tout petit, à ses demandes, à ses difficultés, à ses questions. C’est intense. Et je les vois là, s’épuiser (comme tout parent) mais aussi franchement s’abîmer, se détester, se culpabiliser, se dénier, se maltraiter, s’oublier, se sacrifier…

Je suis alors témoin de toute la dénégation et le refoulement de leurs propres émotions, de leur propre vécu et de leurs propres besoins. Eux-mêmes sont en souffrance. Leur rôle est bien entendu d’être les figures référentes et sécurisantes pour l’enfant et de l’aider à traverser les épreuves de la vie (renoncer à son 3ème gâteau au chocolat comme surmonter les brimades à l’école, les chutes, les chagrins…).

Mais s’ils s’oublient à ce point, s’ils souffrent comme ça dans leur rôle de parents, comment pourront ils accueillir accompagner et transformer ce qui doit l’être pour leur enfant ? Comment prendre du recul, signifier le cadre, nommer les émotions, avoir la ressource pour sécuriser si à l’intérieur de soi ça pleure, ça fatigue et ça n’en peut plus ?

C’est alors tout un travail d’introspection, de deuil (de l’image qu’on se faisait de la parentalité et des enfants), de ralentissement du rythme au profit de la pensée, et donc finalement un travail profond de respect de soi et de nos enfants. Il me paraît primordial de penser sa parentalité pour l’ajuster, pour entendre les demandes de nos enfants et être efficient dans les réponses qu’on leur apporte, pour les respecter et les aimer sans dette, sans contrepartie. De connaître nos limites et donc demander le relai au bon moment, c’est-à-dire bien avant de craquer ou d’avoir à tenir coûte que coûte. Mais plutôt dès qu’on en ressent le besoin, qu’on est un peu fatigué, un peu moins patient. Ou juste parce qu’on en a envie. C’est aussi se questionner sur nos héritages personnels et infantiles, quels parents nous avons eu, nos souffrances, nos joies d’enfant auxquelles on peut se reconnecter pour nourrir ce nouveau parent que l’on est et qui a besoin d’aide et de reconnexion pour donner le meilleur de lui-même. Ainsi nous pourrons accueillir, accompagner et transformer leurs émotions et les nôtres : ce sera alors un partage et une expérience d’autant plus nourrissante et puissante pour chacun de nous.


Je vous invite donc chacun, père et mère, à prendre le temps de vous questionner seul ou à 2 (parfois l’autre nous aide à prendre conscience de notre état, notamment le psy d’ailleurs) sur les points suivants :

> Mon niveau de fatigue, d’énervement, de perte de patience au quotidien (plus fréquent qu’avant, plus fort, réponses moins adaptées… ?)

> Me questionner rapidement sur mes besoins quand j’ai identifié que la période était dure : resto entre copines, soirée en amoureux, garde des enfants le prochain mercredi pour souffler (et pas avancer sur le linge hein !), sieste quotidienne, me coucher plus tôt, manger mieux, faire mon sport…

> La culpabilisation est un processus psychique abîmant et délétère, quand il arrive, essayer de se concentrer plutôt sur ce qu’on a fait de bien dans notre journée : sourire à quelqu’un dans la rue, féliciter notre enfant pour son aide, que l’apéro soit déjà servi quand notre conjoint(e) rentre du travail, avoir réussi sa sieste quotidienne ou appelé sa copine pour du renfort ce WE… !

> Prendre du temps pour soi, du vrai temps de plaisir : dormir, courir, chanter, danser, prendre un bain, manger un carreau de chocolat, aller se faire masser, lire un livre, écouter de la musique, se balader en forêt…et tellement, tellement d’autres choses.

> A vous de jouer maintenant, c’est votre vie que vous avez entre les mains, alors prenez en soin. Ce sera un modèle incroyable pour vos enfants et leur vie future. Donc vous aurez en plus fait une autre bonne action.


Ce concept de parentalité approximative permet de descendre le curseur de pression sociale et individuelle, d’injonction à la perfection éducative sans faux pas sous risque de maltraitance, de trouver un compromis entre les besoins et les limites, et une véritable bienveillance. Il offre de penser le tout qu’est une famille, à savoir : les parents et leurs enfants.


Manon D, la psy.

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